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UneOdeurUneHumeur à Guedelon

En ces temps de vacances, certains vont à la plage, d’autres à la montagne et d’autres en profitent pour visiter des endroits chargés d’histoire. Nous avons décidé de faire un focus sur Guedelon. Un lieu actuel mais qui fait vivre un vrai bon dans le passé. C’est un château qui se construit actuellement mais exactement comme au XIIIe siècle. Du bois à la pierre en passant par le mortier et les teintures… Tous les corps de métiers de l’époque sont représentés. Vous pouvez bien sûr visiter ce chantier extraordinaire et au moment où nous écrivons ces lignes, la fin de la construction du chantier est projetée vers 2025. À côté de ce château de style Philippe Auguste (d’où le nom philippiens), il y a plein de “maisons” ou huttes où chaque artisan met en œuvre son art pour que le projet avance. Cependant il manque une échoppe qui était pourtant un signe de richesse au Moyen Âge : les gantiers parfumeurs

Des odeurs très marquées

Sihame Cornetet nous présente les ficelles des parfumeurs de l’époque dans son article :

Très présent dans la vie quotidienne durant l’antiquité (Comme nous avions pu voir dans cet article), le parfum joue un rôle mystique. Il fait office de médiateur entre les dieux et les hommes. Les huiles parfumées ainsi que les résines servant d’encens vont voir leur statut évoluer. En effet de mystiques, elles seront esthétiques dans leur utilisation profane. À compter du XIIe siècle, tout ce qui est cosmétique et cosmétologie (appelé plus communément ornement et embellissement) va connaître un regain d’intérêt. Celui-ci va se confirmer au cours des siècles suivants. Les échanges commerciaux avec le monde arabe y sont pour beaucoup. Les senteurs florales de l’occident vont rencontrer les odeurs entêtantes de l’orient telles que l’ambre, le musc, la myrrhe ou la cannelle. Vers 1190, l’importance du parfum va être telle qu’une corporation de gantiers parfumeurs va être autorisée par Philippe Auguste. Même si le parfum n’avait pas une corporation à part entière, son association aux gants fait de ce dernier un produit de luxe. L’obtention du parfum par distillation n’est pas encore d’actualité au XIIIe siècle. On va garder une grande part de la tradition antique dans sa réalisation. Ainsi, les parfums vont être obtenus par macération : des plantes telles que le romarin, la violette et bien d’autres encore vont macérer dans des huiles ou des vinaigres légers. On peut utiliser l’huile pour se parfumer en appliquant sur une partie du corps ou sur tout le corps. Le vinaigre qui sert aussi de désinfectant peut être utilisé pour nettoyer les aisselles (épilées) avant de les parfumer avec de la poudre d’alun à laquelle on peut rajouter de l’ambre ou du musc (Le musc, un allié des amoureux ?).

1. Pierre d’Alun   2. Ambre   3. Chevrette

Eh oui, on ne réinvente pas la roue ! Le romarin, le musc sont déjà bien connus de nos lecteurs (améliorer sa concentration et pyramide olfactive). Même s’ils ne les utilisent pas pour les mêmes raisons, ces fragrances étaient les best-sellers de l’époque.

Un retour historique

À l’époque médiévale, la parfumerie connut un recul certain. Les pères de l’Église firent même des senteurs un symbole de frivolité du monde païen. Ils condamnèrent fermement leur usage. En réalité, seules les techniques médicinales et pharmaceutiques furent conservées par les moines. Ces derniers faisaient alors pousser des aromates dans leur jardin tels de la sauge, de la lavande, du romarin ou du thym. Globalement, la parfumerie devint inexistante en Occident du Ve au XIe siècle. Les croisades menées de 1096 à 1291 ainsi que les échanges entre l’Orient et l’Occident développèrent considérablement les routes du commerce. C’est ainsi que des senteurs et des épices nouvelles furent réintroduites dans les habitudes occidentales. Peu à peu, les boîtes à senteurs firent leur apparition sur les étals tandis que les bains parfumés se développèrent. Les Occidentaux découvrirent de nouveaux ingrédients tels que le musc, le bois de santal, l’ambre, le girofle, la rose, le jasmin… En outre, les populations prêtaient à cet objet des vertus curatives et aphrodisiaques. Du XIe au XVe siècle, Venise devint le grand centre de la distribution et du commerce. Les Espagnols et les Arabes y apportèrent beaucoup de produits parfumés et une concurrence s’installa rapidement entre les apothicaires, les vendeurs d’aromates et les épiciers. Ainsi, ces différents corps de métiers furent réglementés de façon plus précise dès le XIIIe siècle. En parallèle, vers 1320, la distillation à l’alcool fut découverte, transformant radicalement l’art de la parfumerie et ouvrant la voie à nos parfums modernes. https://www.olfastory.com/le-moyen-age

Une humeur d’explorateur temporel

À cette époque, on se parfume pour plaire et aussi pour montrer que nous sommes en bonne santé. En effet, une partie de la médecine de l’époque se base sur les odeurs corporelles. En plus du “parfum” sur son corps, les personnes les plus argentées pouvaient utiliser un objet tout récemment importer l’orient : le pomander. De même, ce nouveau pendentif se vit porté par de plus en plus de nobles. En effet, en 1174, le roi Baudoin de Jérusalem offre à l’Empereur romain germanique Frédéric Barberousse ce petit objet alors méconnu. Cette pomme d’ambre est une sphère creuse en or ou en argent. À l’intérieur de cette « pomme de senteur », de son nom français, on insère des préparations aromatiques. On la renforce par des substances animales, alors réputées pour leurs vertus thérapeutiques, telles que le musc, l’ambre ou encore la civette. Plébiscitées par l’aristocratie et les bourgeois les plus fortunés, les pommes d’ambre se voient attribuer des vertus curatives mais aussi aphrodisiaques. La pomme de senteur est emportée partout : au cou, à la ceinture ou en bague pour à la fois marquer sa position sociale mais aussi éloigner les effluves néfastes. Le parfum du Moyen-Âge sort peu à peu de ses fonctions thérapeutiques pour devenir un signe de richesse. Pour en savoir plus sur la place du parfum dans cette période : https://www.carrementbelle.com/blog/fr/2019/10/02/parfum-moyen-age/

Comme une odeur du passé

À Guedelon, le château qui se construit appartient à un seigneur fictif de fortune moyenne. Il a pourquoi choisit de construire une chapelle où les odeurs participent à élever l’âme. Cette période de l’histoire est également une période de bouleversement des mœurs, où l’odeur reprend une place importante grâce à l’Orient. Guedelon aménage aussi des jardins où poussent les plantes aromatiques pour la santé du seigneur… Ou bien est-ce pour sentir bon ? À vous de choisir

 

Si vous voulez retrouver ses odeurs d’antan, n’hésitez pas à faire un tour dans la boutique partenaire. 😉

 

 

 

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